Les espaces de Farah Atassi sont comme les intérieurs d’un rêve qu’on ne s’explique pas, où tous les objets et les meubles agacent nos lacunes inquiètes. L’absence révèle des présences. Il n’y a pas de représentation humaine mais ses toiles l’évoquent pourtant fortement, fut-ce par le défaut, à travers une multitude de références esthétiques et sociales. Parmi les marques de cette absence le soin de certains détails d’objets aux couleurs vives, d’éléments d’architecture, mobiliers hybrides et improbables, ou lampes et éléments censés produire de la lumière, sont autant d’indices qui organisent notre déroute. L’espace irréel et la lumière évoquent par endroit les intérieurs de la peinture flamande qui, de Metsys à Vermeer, décrivent des chambres indéfinies, baignées d’un blanc lunaire s’invitant depuis un dehors supposé, où objets et meubles nous disent leur époque, tout en incarnant une présence symbolique.
Jusqu'au 19 Mars à la Galerie Xippas, Paris...